Cours et exercices
Des modules structurés sur les grands enjeux - biais, surveillance, décisions automatisées - suivant un enchaînement lecture, quiz, puis mise en situation face à un dilemme.
Un module dont l'objet est la méthode elle-même : vivre un cycle agile complet en construisant une plateforme d'éducation à l'intelligence artificielle, testée à chaque itération par une équipe jouant le client. Ma contribution : les tests et le développement.
Le commanditaire, fictif, réunit la CNIL et le ministère de l'Éducation nationale : il demande un produit numérique pour rendre l'intelligence artificielle compréhensible aux lycéens, aux enseignants et aux citoyens. Le constat de départ : l'IA intervient déjà dans la santé, la justice ou l'emploi, sans que les personnes concernées puissent la comprendre ni la contester.
Notre équipe de six a conçu et développé IAvenir, une plateforme web permettant d'apprendre, de s'exercer et de débattre autour des enjeux de l'IA : biais algorithmiques, vie privée, décisions automatisées.
Conformément à l'objet du module, l'essentiel se joue dans la méthode : travail en Scrum avec des itérations courtes, et surtout confrontation régulière à une équipe d'étudiants d'une autre filière jouant le rôle des utilisateurs finaux, qui testait le produit et remplissait des cahiers de retours à chaque cycle. C'est ce dispositif qui distingue un exercice agile d'un simple découpage du travail en sprints : sans utilisateur pour contredire les hypothèses, l'itération tourne à vide.
Avant de concevoir quoi que ce soit, l'équipe a mené une enquête auprès d'actifs et d'étudiants de 19 à 60 ans. Les résultats ont directement orienté le produit.
Sept répondants : un échantillon trop réduit pour être représentatif. Ces réponses ont servi de matière qualitative pour construire des profils utilisateurs ancrés dans des propos réels, pas de mesure statistique.
Deux conséquences sur la conception. D'abord la demande unanime d'exercices concrets, qui a écarté l'idée d'un site de cours à lire passivement. Ensuite la crainte du débat en ligne, qui a conduit à encadrer et modérer l'espace de discussion plutôt qu'à l'ouvrir librement - sur un sujet aussi clivant que l'IA, c'était une condition pour que les utilisateurs acceptent d'y participer.
Des modules structurés sur les grands enjeux - biais, surveillance, décisions automatisées - suivant un enchaînement lecture, quiz, puis mise en situation face à un dilemme.
Une IA intégrée au parcours, avec laquelle l'utilisateur interagit pendant les cours - apprendre l'IA en la manipulant, plutôt qu'en lisant à son sujet.
Des mécaniques de jeu inspirées des applications d'apprentissage grand public, pour entretenir la régularité sans transformer le sujet en divertissement.
Un lieu de discussion citoyenne modéré, réponse directe à la crainte exprimée dans l'enquête.
Un choix d'interface mérite d'être signalé : l'équipe a repris le système de design de l'État français plutôt que d'inventer sa propre identité visuelle. La raison est de cohérence - un produit commandé par une autorité publique doit ressembler aux services publics existants - et d'accessibilité, ce système intégrant déjà les exigences réglementaires.
L'équipe s'est organisée en Scrum avec des rôles attribués dès la réunion de lancement, chacun gardant par ailleurs une casquette de développeur.
Vérifier que ce qui est livré fonctionne réellement, faire remonter les défauts avant qu'ils n'arrivent chez l'utilisateur, et contribuer au code.
Ma contributionProduct owner et Scrum master : priorisation du backlog, animation des cycles et validation des jalons.
Autres membresTech lead et développeurs sur l'application, du modèle de données à l'interface.
Autres membresMise en ligne de la plateforme et interface avec l'équipe cliente chargée des tests.
Autres membresLe dispositif le plus structurant du projet a été le cycle de retours avec l'équipe cliente. Il ne s'agissait pas d'une validation de fin de parcours, mais d'un rythme répété à chaque itération.
Chaque cycle se termine par une version déployée et réellement utilisable, pas par une maquette.
L'équipe cliente parcourt le produit de manière autonome, sans accompagnement qui orienterait son jugement.
Un cahier commun consigne les anomalies rencontrées et note la satisfaction sur plusieurs critères - comparable d'un cycle à l'autre.
Les anomalies partent en correction, les frictions d'usage remontent dans le backlog et sont arbitrées avec le reste des priorités.
Sur l'ensemble du projet, ce dispositif a produit une soixantaine de retours et permis d'identifier neuf anomalies, avec une satisfaction mesurée en progression nette entre le premier et le dernier cycle. Le plus instructif n'est pas le chiffre mais sa nature : les profils utilisateurs définis en amont se sont révélés justes, alors que certaines frictions d'usage n'étaient visibles qu'en situation réelle. Aucune relecture interne ne les aurait fait apparaître.
Une plateforme d'éducation à l'IA conçue et développée en six semaines, avec un périmètre entièrement livré, déployée et éprouvée par des utilisateurs extérieurs à l'équipe. Ma part : les tests et une contribution au développement.
La différence entre vérifier qu'un logiciel fonctionne et vérifier qu'il est utilisable. Un parcours peut passer tous les contrôles techniques et rester déroutant pour celui qui le découvre - c'est en observant des utilisateurs réels que cet écart devient visible.